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Les pires mots de passe à ne jamais utiliser (et comment faire mieux)

« 123456 », « azerty », « motdepasse » : chaque année, les mêmes mots de passe arrivent en tête des classements. Et les habitudes personnelles se retrouvent dans les entreprises. Or un mot de passe faible ou réutilisé reste l’une des premières portes d’entrée des attaquants. Voici les erreurs à bannir et les bonnes pratiques à adopter, sans jargon.

Par Emmanuel, Directeur GénéralPublié le Mis à jour le 3 min de lecture
L’essentiel
  • Les mots de passe les plus courants se cassent en moins d’une seconde, et ceux fuités sur d’autres sites sont testés automatiquement.
  • Préférez les phrases de passe longues et uniques à des mots de passe courts et compliqués.
  • Un gestionnaire de mots de passe rend l’unicité réaliste, et le MFA protège même quand un mot de passe fuit.
  • En entreprise, l’objectif est de dépendre de moins en moins des mots de passe : MFA résistant à l’hameçonnage, clés d’accès, authentification unique.
Public
Tous les collaborateurs, dirigeants, équipes IT
Niveau
Tous niveaux
Référentiels
CNIL, ANSSI
Format
Article de sensibilisation, à partager

Le palmarès des pires mots de passe#

D’après l’étude annuelle de NordPass, voici les mots de passe les plus utilisés par les internautes français en 2024 :

  1. 123456
  2. 123456789
  3. azerty
  4. qwerty123
  5. qwerty1
  6. azertyuiop
  7. marseille
  8. doudou
  9. loulou
  10. 12345678
  11. 1234561
  12. 000000
  13. chouchou
  14. motdepasse
  15. soleil
  16. mypassphrase
  17. 1234567
  18. password
  19. nicolas
  20. camille

La grande majorité se casse instantanément. Les mêmes réflexes se retrouvent en entreprise, avec en plus des variantes prévisibles : nom de l’entreprise suivi de l’année, saison et point d’exclamation, prénom d’un enfant.

Pourquoi ces mots de passe tombent si vite#

  • Les attaques par dictionnaire testent d’abord les mots de passe les plus courants et leurs variantes.
  • Le bourrage d’identifiants réutilise les millions de mots de passe fuités sur d’autres sites : un mot de passe réutilisé est un mot de passe exposé.
  • La pulvérisation essaie quelques mots de passe courants sur un grand nombre de comptes, pour passer sous les seuils de verrouillage.
  • L’hameçonnage obtient directement le mot de passe, quelle que soit sa complexité.

Les bonnes pratiques pour chacun#

  • Utilisez des phrases de passe : plusieurs mots sans lien, faciles à retenir et longs, par exemple quatre ou cinq mots séparés. La CNIL recommande au moins 12 caractères mêlant différents types, ou 14 caractères sans contrainte de type.
  • Un mot de passe différent pour chaque service, en particulier pour la messagerie professionnelle.
  • Un gestionnaire de mots de passe pour générer et retenir des mots de passe uniques ; vous n’avez plus qu’une phrase de passe à mémoriser.
  • Activez l’authentification multifacteur partout où elle est proposée.
  • Ne communiquez jamais un mot de passe, ni par téléphone ni par message, même à quelqu’un qui se présente comme le support informatique.
  • Changez immédiatement un mot de passe suspecté d’avoir fuité.

En entreprise : ce que doit mettre en place l’équipe IT#

  • une politique de longueur minimale, plutôt qu’une complexité obscure et des renouvellements trop fréquents ;
  • une liste de mots de passe interdits, incluant le nom de l’entreprise et ses variantes (par exemple avec la protection par mot de passe d’Entra ID) ;
  • la détection des mots de passe fuités et des connexions à risque ;
  • l’authentification multifacteur pour tous, et des méthodes résistantes à l’hameçonnage (clés FIDO2, clés d’accès) pour les comptes sensibles ;
  • un gestionnaire de mots de passe d’entreprise, avec des coffres partagés pour les comptes d’équipe ;
  • des comptes d’administration distincts, protégés plus fortement encore.

Vers moins de mots de passe#

La meilleure façon de ne plus subir les mauvais mots de passe est d’en dépendre moins. L’authentification unique réduit leur nombre ; les clés d’accès (passkeys) et Windows Hello for Business remplacent le mot de passe par une authentification liée à l’appareil, résistante à l’hameçonnage. Cette transition se fait progressivement, en commençant par les comptes les plus exposés.

Questions fréquentes#

Faut-il changer son mot de passe tous les trois mois ?

Les recommandations actuelles privilégient des mots de passe longs et uniques, changés en cas de suspicion de compromission, plutôt que des renouvellements fréquents qui poussent à des variantes prévisibles.

Les gestionnaires de mots de passe sont-ils sûrs ?

Oui, s’ils sont protégés par une phrase de passe solide et le MFA. Ils sont bien plus sûrs que la réutilisation ou les fichiers de mots de passe.

Qu’est-ce qu’une clé d’accès (passkey) ?

Une méthode d’authentification sans mot de passe, liée à votre appareil et déverrouillée par code ou biométrie, qui résiste à l’hameçonnage.

Le MFA par SMS suffit-il ?

C’est beaucoup mieux que rien, mais il peut être contourné. Pour les comptes sensibles, préférez une application d’authentification avec correspondance de nombres, ou une clé FIDO2.

Sources#

  1. NordPass, liste des mots de passe les plus courants
  2. CNIL, recommandation relative aux mots de passe
  3. Cybermalveillance.gouv.fr, gérer ses mots de passe
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